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Le contexte

Selon l’ONU, 56,1 millions d’enfants vivant en Afrique subsaharienne sont orphelins, dont 14,9 millions de parents décédés du Sida.  Au cours de la dernière décennie, la proportion d’enfants orphelins du sida est passée de 3,5% à 32%.
En Ouganda sur 34,6 millions d’habitants, plus de 2,7 millions sont des orphelins dont près de la moitié conséquence du Sida.
La Zambie est l’un des pays les plus pauvres, avec 86% de ses 12,9 millions d’habitants vivant au-dessous du seuil de pauvreté. On y estime à 1,3 million le nombre des enfants orphelins de parents décédés du Sida.
Au Kenya sur  39,8 millions d'habitants il y a 2,6 millions d'orphelins, toutes causes confondues.

En cas de maladie, la majorité des familles n’a guère accès aux soins et aux services sociaux, trop chers ou inexistants. Elles réduisent alors leur consommation alimentaire, leurs dépenses de base et vendent leurs biens afin de se procurer des médicaments. Parfois aussi les dispensaires sont trop éloignés du lieu d’habitation. Les filles sont souvent retirées de l’école pour s’occuper des malades.

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Les enfants sont doublement victimes, puisqu’ils ne peuvent aller à l’école que ponctuellement ou pas du tout, du fait de la précarité de leur situation. Certains, très jeunes, deviennent enfants des rues dans les grandes villes, vivant parfois en groupes, à la recherche de nourriture, mais sont aussi à la merci de la petite criminalité, de la drogue, d’abus sexuels ou alors sont enrôlés comme enfants-soldats, mercenaires dans les guerres civiles qui ravagent certaines régions. La marginalisation qui conduit à cette situation induit aussi l’apparition d’autres maladies, notamment la malaria et la tuberculose. Certains enfants n'ont pas accès à l'éducation parce qu'ils travaillent, souvent dans des situations dangereuses comme casser des cailloux dans une carrière.


St. Moses - Jinja, Ouganda

Le système scolaire

Il a été montré qu’un enfant qui abandonne l’école a trois fois plus de risque de devenir séropositif qu’un enfant qui achève sa scolarité. Or en 2007, selon les statistiques de l’Unesco pour l’Afrique subsaharienne, le taux de scolarisation dans le primaire n’était que de 73% et seulement un enfant sur deux terminait ce cycle d’études élémentaires.
L’école primaire est en principe gratuite, mais les familles doivent contribuer à l’entretien des bâtiments. Les classes de 80 élèves laissent très peu de chance aux enfants d’apprendre et de réussir les examens d’accès au secondaire. D’autres écoles semi publiques sont mieux dotées, mais l’écolage y est très cher.

Le matériel scolaire et les livres doivent être payés par les familles; toutes les écoles secondaires et les universités sont payantes. La scolarisation des filles est encore plus aléatoire et pour en assumer les frais, certaines jeunes filles vont jusqu’à se prostituer, courant le risque d’une grossesse, de contracter une maladie sexuellement transmissible ou le Sida. Si elles tombent enceintes ou malades, elles arrêtent l’école et fuient leur famille.

Lutter contre l’exclusion scolaire est aussi un enjeu de vie!

 
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